L’équipement de chauffage et de climatisation (CVC) de votre bâtiment tertiaire présente une puissance supérieure à 290 kW ? Vous êtes donc assujettis au décret BACS et devez installer un système de Building Automation & Control Systems (ou GTB en français) d’ici le 1er janvier 2025. Cette obligation touche également les bâtiments avec un équipement de plus de 70 kW, qui devront s’y conformer avant le 1er janvier 2027. Mais, concrètement, comment faire ? Sous le patronage des ministères de la Transition énergétique et de la Transition Écologique et Solidaire, le GIMELEC et Construction21 ont organisé une rencontre entre les parties prenantes du bâtiment, pour prendre en main le sujet. L’objectif ? Faciliter le passage à l’action, en identifiant les six clés qui permettent de réussir son projet BACS. En jeu, une meilleure gestion de son bâtiment pour réduire les consommations d’énergie, améliorer la performance durablement, atteindre les objectifs de décarbonation et être conforme aux exigences réglementaires.

Dans le cadre de l’événement orchestré par le GIMELEC et Construction 21, ABB, Cyrisea Smart Building, Legrand, Schneider Electric, Siemens, SPIE, tous acteurs du pilotage énergétique dans le bâtiment et tous membres de la SBA, ont été invités à donner leur avis sur ce qu’est un projet réussi d’installation d’un système BACS, l’outil indispensable de pilotage énergétique et numérique.

 

Industrialiser les process et maîtriser les normes et les techniques

Ainsi, pour le groupe ABB, la généralisation des systèmes de GTB dans les bâtiments tertiaires passera par l’industrialisation des process, pour « accomplir en un temps record les mises en service avec un investissement minimum, comprenant l’accompagnement et le financement par des aides. » Évidemment, cela nécessite « une excellente connaissance des normes et décrets en vigueur alliée à une compétence technique, » selon le bureau d’étude spécialisé Cyrisea Smart Building. À cela, s’ajoutent une conception et une mise en service rigoureuse des systèmes de GTB, une formation des utilisateurs ainsi qu’une maintenance régulière pour faciliter et favoriser leur usage.

 

Penser globalement son projet BACS et digitaliser son bâtiment

Le groupe Legrand poursuit en affirmant que le succès d’un projet BACS passe par « une réflexion globalisante de son projet » et sur la mise en place d’une solution numérique afin d’être en mesure de piloter les bâtiments assujettis à l’obligation réglementaire à l’échelle de plusieurs sites, pour différents fluides (électricité, eau…). Le groupe Schneider Electric surenchérit en soulignant que la clé de la réussite d’un projet BACS réside dans « la digitalisation du bâtiment, c’est-à-dire l’implémentation de solutions de mesure et de pilotage pour […] consommer moins et mieux. » Il insiste également sur l’électrification des usages : « combiner ces deux éléments permet de concilier l’atteinte des performances de son entreprise et la réponse aux enjeux de décarbonation et de sobriété énergétique. »

 

Mettre la GTB au centre des projets, en partant des besoins

Siemens souligne quant à lui l’importance de la place centrale du système BACS dans le bâtiment, en tant que véritable système nerveux de l’ouvrage. « Il est fréquent que les projets de rénovation ne couvrent pas l’ensemble d’un bâtiment (uniquement certains lots ou certaines parties du bâtiment), cependant, il est important que la GTB reste au centre des projets et que les évolutions du bâtiment s’accompagnent d’une évolution de la GTB. » Le spécialiste des services SPIE Facilities met lui l’accent sur la nécessaire adaptation du système de GTB aux enjeux des bâtiments, car chaque projet est spécifique. « C’est donc notre processus de gestion de projet qui doit être dupliqué en partant des besoins client, en passant par une construction d’offre cohérente pour enfin assurer la bonne exploitation tout au long du contrat, conclut-il. L’écoute et la co-construction sont les clés de la réussite ! »

 

Au-delà de ces témoignages, l’événement organisé par GIMELEC et Construction21 a permis de proposer à la filière une recette gagnante des projets BACS, fondée sur six clés de réussite réunies pour vous dans cette infographie proposée par la SBA.

 

 

Un ROI court et de nombreux bénéfices à la clé

Écoles, espaces de co-working, immeubles de bureaux… De nombreux bâtiments ont déjà suivi cette démarche en six étapes avec, au-delà de la mise en conformité avec les exigences du décret BACS, un ROI court et de nombreux bénéfices à la clé ! Si l’on prend par exemple le cas concret de la rénovation d’un immeuble de bureaux de 5 000 m², dès l’installation d’une nouvelle GTB plus performante, l’exploitant a constaté 10 % d’économies d’énergie, rapidement accompagnées par une réduction de 30 % des dépenses thermiques et de 13 % de sa consommation énergétique. Et ce n’est pas tout, puisque le pilotage rendu possible par cette nouvelle GTB a également permis d’optimiser le suivi de l’occupation des espaces, de gérer la production locale d’énergie et son usage notamment pour les bornes de recharge pour véhicule électrique, de renforcer la flexibilité énergétique du bâtiment, avec la possibilité d’assurer un effacement vis-à-vis du réseau durant 4 heures, tout en apportant de nombreux services quotidiens aux usagers de l’immeuble.

 

Le TCO, un nouvel indicateur indispensable pour le smart building

Les perspectives d’un projet BACS, au-delà de l’obligation réglementaire, constituent donc une réelle opportunité. Il instaure de bonnes pratiques en matière d’efficacité énergétique pour faire des économies et accroître le confort des occupants, mais pas seulement. Il apporte de multiples services, tant aux exploitants, en optimisant la gestion du bâtiment, qu’aux usagers, en facilitant leur quotidien et en leur permettant d’accéder à la mobilité électrique. Il serait d’autant plus dommage de se priver des bénéfices d’un système BACS que sa mise en place est aujourd’hui aidé par l’État, par le biais d’incitations financières particulièrement intéressantes. C’est le cas du dispositif des Certificats d’Économie d’Énergie CEE : une prime versée par les fournisseurs d’énergie pour soutenir la rénovation énergétique des bâtiments et financer une bonne partie de la GTB. Prêts à investir et à profiter de cette opportunité ? L’occasion ainsi de massifier l’installation de systèmes BACS performants à l’échelle nationale et de réduire radicalement notre consommation d’énergie ! L’ensemble de ces systèmes de pilotage énergétique et numérique du bâtiment sont à envisager au regard du TCO (“Total Cost of Ownership” ou en français “Coût Total de Possession”) : en face des coûts d’acquisition et de fonctionnement il faut mettre le service rendu, sa performance d’usage et l’ensemble des fonctionnalités que le numérique permet de “débloquer”. De ce point de vue, le ROI n’est pas toujours adapté pour évaluer la pertinence d’une décision d’investissement, il faut considérer aussi le budget maximum alloué en face du besoin !

 

 

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