Le 11 juillet dernier, IBM France accueillait l’Assemblée générale de la SBA à Bois-Colombes. L’occasion de confirmer l’adhésion d’IBM en tant que membre d’honneur et de marquer un point d’étape pour plusieurs commissions.

 

R2S-4Grids, la brique énergétique du cadre de référence Ready2Services

La Commission R2S-4Grids annonce qu’elle est entrée en phase opérationnelle, après avoir rédigé son référentiel en collaboration avec Certivéa. Aujourd’hui, l’extension sur le volet énergie du socle numérique R2S peut servir à labelliser des immeubles tertiaires ou des groupes de bâtiments. Elle s’applique aux étapes de programme, de conception, de construction ou d’exploitation des bâtiments. « Nous préciserons ces prochaines semaines les exigences du référentiel, souligne Denis Muller, Chef de projet Smart Energy et Smart City d’Embix, sur les protocoles et modes de communication, sur les types et la qualité des données, mais aussi sur les services en termes d’information et d’aide à la décision, d’économie positive pour réduire les factures énergétiques, et de contribution active pour jouer sur la flexibilité de l’énergie. En tout, R2S-4Grids comportera 14 exigences et nous en ajouterons deux autres, sur la performance énergétique et sur le management responsable. » Bientôt, Certivéa lancera un appel à participation pour expérimenter ces exigences dans le bâtiment. Mais dès à présent, la commission R2S-4Grids affiche son ambition d’étendre son référentiel à la maille du quartier, sur les problématiques de tenue des performances énergétiques.

« Le label R2S s’inscrit clairement dans l’évolution du bâtiment. Il constitue pour IBM un vecteur de développement intéressant dans le secteur du Smart Building. Par ailleurs, nous sommes sensibles aux ambitions internationales de la SBA. Déjà, mes homologues européens se sentent concernés par le label et me posent des questions à ce sujet. Pour toutes ces raisons, IBM est heureux de rejoindre la SBA en tant que membre d’honneur, »


Yannick Jouault | Watson IoT & Industry 4.0 Practice leader | IBM.

 

R2S Connect : vers une base de données universelle

Parmi les nombreux projets de la SBA, la création d’un label “R2S Connect” est en cours. « C’est un approfondissement du travail réalisé dans le cadre du label R2S, décrit Emmanuel Olivier, Président d’Ubiant. R2S Connect s’attache plus particulièrement aux équipements et aux interfaces, pour échanger des data dans de bonnes conditions. Ce label permettra d’établir une base de données universelle où tous les objets connectés de l’habitat seront interopérables entre eux. » Le groupe de travail sur ce nouveau label vise ainsi à simplifier les services intelligents, pour que les utilisateurs intègrent des interfaces de programmation applicatives API interopérables entre elles. « Si chaque fabricant a sa propre API, c’est ingérable techniquement et économiquement ! » intervient Emmanuel Olivier. Le groupe R2S Connect envisage également de dresser une liste d’API standards, dans l’objectif de vérifier plus facilement si un bâtiment est bien R2S, et de définir les formats, sur la qualité de l’air ou le niveau de présence par exemple, et modes opératoires des autocontrôles et commissionings des installations R2S.

 

 

Établir une cartographie des principaux réseaux et protocoles

Depuis un an, le groupe de travail “Réseaux et Protocoles” a entrepris de cartographier les principaux réseaux et protocoles utilisés dans les bâtiments, avec leurs champs d’application. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 31 réseaux et 21 protocoles qui ont été recensés. « Afin d’avoir une compréhension commune, explique Florent Trochu, Délégué général de l’ACR (industriels de la régulation et GTB), nous avons commencé par rédiger un document support définissant les différents critères de ces réseaux et protocoles du bâtiment. »

Pour aller plus loin, le groupe de travail entend définir le principe d’un réseau éco-responsable et fournir des clés pour savoir comment utiliser les protocoles de communication sur un réseau éco-responsable pour des usages spécifiques, ou un usage multiservices (chauffage, éclairage, ventilation, ascenseur), pour entrer dans le cadre institutionnel français et européen et des normes (LEED…), sur le modèle de ce qui existe avec la norme HQE par exemple.

 

L’intelligence artificielle appliquée : vers le bâtiment human centric

Il y a aujourd’hui une véritable prise de conscience sur les enjeux autour de la data et les opportunités de l’intelligence artificielle appliquée au bâtiment. « Nous arrivons au bon moment, s’enthousiasme Sébastien Meunier, Directeur du développement chez ABB. L’intelligence artificielle apporte déjà des bénéfices tangibles en matière de gain de productivité, d’amélioration de la performance et de réduction des coûts. Elle va entraîner une montée en compétences sur les métiers. Dans cette perspective, la filière a besoin d’explications sur les évolutions. » Le groupe travaille d’ores et déjà pour caractériser un bâtiment véritablement “smart”, sur les cinq domaines d’application de l’intelligence artificielle pour le Smart Building (Conception et réalisation des ouvrages, Performance d’usages et services, Interactions et aide pour les occupants, Continuité d’exploitation maintenance prédictive, Bâtiment connecté à son quartier) et trois thématiques transverses liées aux data, à la sécurité et à l’éthique numérique. « Nous étudions chacune de ces briques, en se concentrant sur les cas d’usage de l’intelligence artificielle, afin de bien comprendre à quoi cela sert et ainsi d’en faciliter le déploiement, » explique-t-il.

 

Les enjeux de santé dans le bâtiment : une urgence à prendre en compte

Et la santé dans le bâtiment ? Est-elle réellement prise en compte ? Pas encore, si l’on en croit les chiffres avancés par Gwennaële Chabroulet, Directrice générale d’ARP Astrance. Ainsi, 50 % des salariés en France estiment manquer de sommeil, conduisant parfois à des maladies graves. C’est donc la mission que s’est donnée la commission Bien-être & Santé, qui mobilise des compétences variées, du promoteur au médecin, en passant par l’industriel et le certificateur. Ensemble, ils ont déjà travaillé à la réalisation d’un Théma, où sont abordés les sujets de la lumière circadienne, de la qualité acoustique ou encore l’intérêt de la conciergerie pour favoriser un équilibre entre vie privée et professionnelle. Ce Théma propose également un panorama des thématiques de santé à intégrer lors des phases de production immobilière, avec ses bénéfices, ses obstacles et ses conditions de réussite. « Nous espérons ainsi enclencher le développement d’offres pour que la santé soit mieux prise en compte dans le bâtiment. Nous souhaitons corréler les enjeux de santé avec la charte des bâtiments connectés, solidaires et humains, et illustrer en quoi la santé va devenir un levier de valorisation d’un bâtiment R2S. »

 

Une approche holistique vers l’hôpital digital

Après la santé dans le bâtiment, les bâtiments de santé ! Ce n’est une surprise pour personne : ce secteur est aujourd’hui sous pression, entre la concurrence privée/publique et les déserts médicaux. « Il convient de décloisonner les programmes de conception des hôpitaux, lance Marie-Paule Dayer, Business Developer Santé & Account manager chez ABB. Dans cette perspective, nous nous sommes appuyés sur le label R2S, pour construire une matrice servicielle entre les besoins et les acteurs de la santé, pour mieux se concentrer sur les usages des établissements. » La démarche matricielle a pour avantage de pouvoir intégrer et mutualiser les usages (préadmission, consultation, bloc opératoire, hospitalisation, suivi…) dans le cadre d’une approche systémique, dès la conception de l’hôpital. Elle permet ainsi de déployer les technologies les mieux adaptées au projet, de construire un smart bâtiment sans surcoût, ou presque, et d’optimiser les coûts d’exploitation. « L’objectif est d’améliorer l’expérience des patients et des personnels, tout en augmentant la performance globale de l’hôpital. Pour aller jusqu’au bout de la démarche, il faudra disposer d’un référentiel commun à l’ensemble des acteurs hospitaliers, après avoir répertorié tout le potentiel des solutions Smart Hospital. » 

 

Nouveau !

La prospective s’invite à la SBA avec WorkToo

Si la SBA a toujours été tournée vers l’avenir, elle intègre désormais une nouvelle commission spécifiquement consacrée à la prospective du Smart Building et de la Smart City, en accueillant le think tank “WorkToo”. « Nous rejoignons la SBA avec un grand plaisir, lance Michael Sigda, cofondateur de la structure. Avec la vocation d’analyser les enjeux du travail de demain et d’anticiper les disruptions à venir à l’horizon 2030 et leurs impacts sur les bâtiments et la mobilité, nous mettons à la disposition de la SBA notre approche scientifique et rigoureuse dans quatre axes majeurs : les lieux de travail et les mobilités, le climat et la biodiversité, l’intelligence artificielle, la formation à l’heure de l’intelligence artificielle. » La collaboration a démarré et, dès la mi-octobre, un Théma sera disponible sur le site internet de la SBA. Le sujet ? Le climat. L’ensemble de ces projets, tous plus prometteurs les uns que les autres, permet de mesurer le travail réalisé par les commissions et d’envisager le futur du Smart Building et de la Smart City avec optimisme et enthousiasme.

À suivre !

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