Déjà en 2009, le Grenelle de l’Environnement avait pour priorité la rénovation thermique des bâtiments. Le 14 juillet 2020, le Président de la République, Emmanuel Macron, a lancé un nouveau grand programme de rénovation énergétique, issu des 149 mesures de la Convention pour le climat. Pour que la dimension numérique, et ses nombreux bénéfices, ne soient pas une nouvelle fois oubliés, la SBA vient de créer une Commission sur la « Rénovation énergétique et numérique ». Son Président, Christian Rozier, détaille les enjeux et les missions de ce nouveau groupe de travail.

 

L’enjeu de réduction des consommations énergétiques dans les bâtiments concerne davantage le patrimoine existant que la construction neuve, cette dernière ne représentant qu’une faible proportion du parc immobilier. Le chantier de la rénovation énergétique des bâtiments n’est donc pas nouveau et, depuis longtemps, les pouvoirs publics imposent la filière du bâtiment à faire des économies. Depuis des années en effet, la rénovation est poussée par les réglementations thermiques successives RT 2005, RT 2012, bientôt RE 2020. Récemment le décret tertiaire du 23 juillet 2019 oblige à mettre en œuvre des actions de réduction de la consommation d’énergie finale par rapport à date de référence 2010. Plus largement dans le cadre du plan de relance européen, une feuille de route sera publiée en septembre pour lancer une ″vague de rénovation″ dans l’ensemble des Etats membres, avec un volet propre au logement social.  Mais, à chaque nouveau plan ou programme, à chaque nouvelle loi ou réglementation, même si l’on progresse, c’est le bâti et les systèmes de production (chauffage, ventilation…) qui sont ciblés par la rénovation. En revanche, le numérique reste encore oublié de cette réflexion.

Une rénovation complémentaire, plus dynamique 

« La rénovation du bâti et des systèmes de production est une approche nécessaire, mais elle est statique, constate Christian Rozier. Nous pensons qu’il existe une rénovation complémentaire, dynamique, introduite par le pilotage numérique et actif des systèmes techniques du bâtiment. » La SBA a donc décidé d’être acteur de la rénovation énergétique, de prendre part à la réflexion sur le sujet et de trouver des pistes d’avancée intégrant le numérique. « Notre ambition est d’introduire une intelligence numérique qui fasse sens dans le bâtiment existant, qu’il soit tertiaire ou résidentiel, affirme Christian Rozier. Pour ce faire, nous allons nous appuyer sur nos socles, les cadres de référence R2S et R2S résidentiel. Si jusqu’à présent la SBA s’est principalement intéressée à l’immobilier neuf ou aux réhabilitations lourdes, elle n’est pas novice au sujet des bâtiments existants. Par exemple, je pilote le premier projet français de rénovation numérique dans le logement social, avec cinq grands bailleurs, baptisé Smart Eco Réno. »

Une épine dorsale R2S et un pilotage numérique 

La Commission « Rénovation énergétique et numérique » imagine ainsi introduire une épine dorsale numérique R2S aux bâtiments pour permettre un pilotage dynamique de la gestion énergétique. Mieux : cette structure va donner l’opportunité d’ajouter d’autres services digitaux. « Non seulement le propriétaire et/ou l’exploitant va faire des économies, mais en plus il va répondre aux nouveaux usages des occupants, se réjouit Christian Rozier. Pour soutenir cette stratégie numérique associée à la rénovation énergétique, nous allons étudier collectivement des pistes de progrès et faire autant de pédagogie que possible auprès des donneurs d’ordre du tertiaire public et privé, des bailleurs sociaux, des syndics de propriété, des propriétaires de patrimoines immobiliers, des collectivités et des instances politiques. »

Des groupes et sous-groupes pour répondre à toutes les spécificités 

Suscitant un intérêt particulièrement fort, le sujet porté par la Commission doit avancer vite, très vite. Une première réunion s’est déroulée le 9 juillet avec une soixantaine de participants et déjà la Commission s’est structurée. Trois groupes de travail, dédiés au Tertiaire, au Résidentiel et aux Territoires, ont été constitués pour répondre aux spécificités de chaque marché. Les groupes de travail Tertiaire et Résidentiel ont été en plus déclinés en cinq sous-groupes : les enjeux, la réglementation, les retours d’expériences français et internationaux, les points de vigilance et le cadre référentiel. Le groupe Territoires, lui, va faire travailler deux équipes. La première sur l’autoconsommation collective, la seconde sur les réseaux énergétiques et smart grids.

La première réunion du groupe de travail Tertiaire se déroulera le mardi 25 août à 10H00 en visioconférence. Les deux autres groupes se rassembleront en parallèle le jeudi 27 août à 10H00, dont les modalités d’inscription sont à venir.

« Vous êtes les bienvenus, invite Christian Rozier. Notre objectif est de publier un premier document pédagogique en fin d’année, suivi par un guide pour toute la chaîne de valeur du smart building et de la smart city à l’horizon 2021. C’est ambitieux, mais nécessaire, pour répondre rapidement aux enjeux environnementaux auxquels la société est confrontée. »

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