Mise à l’honneur lors de la dernière Convention Smart Home, la Ville de Montpellier accomplit sa métamorphose urbaine, poursuivant une transition numérique déjà bien engagée. Elle fait figure d’exemple en matière de smart city et peut inspirer d’autres villes. Quelle est sa stratégie ? Comment est-elle accompagnée ? Parmi les acteurs du bâtiment connecté montpelliérains, Cyrille Delbos, dirigeant du bureau d’études Delta, et Angelo Blot, fondateur de la startup d’assistance à maîtrise d’ouvrage Lono, tous deux représentants de la SBA, en parlent.

 

En 2020, Montpellier Méditerranée Métropole est devenu l’un des dix nouveaux territoires d’action pour un numérique inclusif (TANI). « L’inclusion est effectivement au cœur de la nouvelle feuille de route sur la Ville Intelligente et notre stratégie se porte sur trois axes, confie Hélène Roussel, Directrice du développement Cité intelligente à Montpellier. D’abord, développer des services pour tous. Ensuite, collecter et mettre à la disposition les données. Enfin, donner un accès aux services à tous les citoyens. » Le rôle de la ville est donc de permettre de partager les données avec tous les Montpelliérains, d’en garantir la qualité et la fiabilité, et de fournir à tous les moyens de maîtriser et d’exploiter ces données. « Nous sommes ainsi en train de faire les démarches pour recruter 15 conseillers numériques pour accompagner, guider et informer les publics dans 70 lieux de la métropole, » rapporte-t-elle. 

Une numérisation de la ville par étapes

La Ville de Montpellier n’a pas foncé tête baissée pour lancer sa transition numérique. Elle se déploie étape par étape, pour une meilleure appropriation par les habitants :  après des programmes à l’échelle du bâtiment d’abord, avec La Mantilla, puis du quartier Eurêka, Montpellier s’engage désormais dans la ville numérique à grande échelle. « C’est parce que la métropole a su passer par le chaînon de l’infrastructure du bâtiment avant de se déployer sur un périmètre plus important, qu’elle pourra accomplir son ambition de territoire d’innovation avec des coûts maîtrisés, affirme Cyrille Delbos, qui accompagne la Métropole sur ces thématiques. Nous nous sommes attachés à faire communiquer les systèmes entre eux, à mutualiser les réseaux et à travailler avec tous les acteurs du quartier. » Le dirigeant du bureau d’études Delta insiste par ailleurs sur l’importance de relier la rénovation thermique et l’aménagement numérique, pour déployer plus aisément la ville connectée et à moindre coût, comme le préconise la SBA. « Ce sont des sujets qui se rejoignent et qu’il faut donc décloisonner, poursuit-il, pour utiliser des outils qui permettent de partager les usages. Prenons un exemple : le Montpelliérain qui, le matin, veut se rendre à son travail en vélo, n’a pas encore accès à une information qui croiserait les conditions météo et la qualité de l’air. Or, l’air peut être pollué, même par beau temps. Pour l’instant ici, aucun système ne combine ces données. Il faut que cela change. »

Une évolution des mentalités pour une massification du numérique 

La volonté de numériser plus largement les villes et les bâtiments est pourtant forte. Angelo Blot la constate au quotidien. « Faisons un parallèle avec les remonte-vitres des voitures, rappelle-t-il. Il y a une quinzaine d’années, les remonte-vitres manuels étaient la norme et les vitres électriques équipaient uniquement les véhicules haut de gamme. Aujourd’hui, tous les modèles en ont. Il se passe le même phénomène dans le bâtiment, surtout pour les nouvelles générations qui attendent des logements connectés. Mais cela prend du temps. » C’est dans cette perspective qu’Angelo Blot conseille aux promoteurs de construire des immeubles ″connectables″ plutôt que connectés. Il faut d’abord sensibiliser les habitants aux atouts du numérique. « Aujourd’hui, le problème, c’est que les habitants ne peuvent pas utiliser les services connectés à leur entrée dans leur appartement car ils attendent souvent trois à quatre semaines pour disposer d’internet, reconnaît-il. Il conviendrait qu’enfin le numérique soit considéré comme le quatrième fluide du bâtiment, au même titre que l’eau, l’électricité et le gaz, comme le prévoit le référentiel R2S. Imaginez-vous entrer dans votre logement neuf sans eau ou sans électricité ? Il faut que les mentalités changent dans la construction. » Autre accompagnement à la démocratisation du bâtiment connecté : la simplification des technologies et le fait que les habitants ne soient pas obligés de changer fondamentalement leurs habitudes. Rien ne distingue un interrupteur classique d’un interrupteur connecté, si ce n’est le service apporté par la mutualisation du pilotage. En appuyant sur un seul bouton poussoir, on peut éteindre toutes les lumières et fermer tous les stores quand on sort de l’appartement ! « Enfin, à chaque livraison, nous rencontrons l’occupant, pour lui préciser de vive voix le fonctionnement de son logement connecté, lui montrer les interrupteurs, lui expliquer le pilotage vocal… C’est indispensable afin de créer la confiance pour qu’il ait envie d’autres services. »

S’adapter aux usagers : la clé de la démocratisation du logement connecté

La démocratisation du logement connecté doit se poursuivre et ce sera le thème des prochaines tables-rondes Smart Home organisées par le SBA le 13 avril 2021. « Nous évoquerons ainsi la nécessité pour les professionnels d’évoluer du discours technique d’expert au langage grand public de l’usager, prévient François-Xavier Jeuland, Vice-président Smart Home de la SBA. Mais aussi la simplification des technologies, pour que chacun puisse se les approprier aisément. » Une autre table ronde concernera la prise en compte des habitudes à prendre par les usagers en matière de dépannage, de maintenance et d’assistance à distance. « Et évidemment, nous parlerons à nouveau de démarches associant la rénovation énergétique avec le numérique pour répondre aux réglementations et aux attentes des habitants, conclut François-Xavier Jeuland. Inscrivez-vous à notre rendez-vous du 13 avril ! »

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