Le premier système d’approvisionnement en eau potable pour alimenter une ville entière a été construit en 1804, à Glasgow, en Écosse. Pour la première fois, Glasgow a ainsi été préservée des épidémies. À la reconstruction après la seconde guerre mondiale, les villes se sont dotées de réseaux d’eau sur ce modèle, pour permettre aux habitants d’accéder à l’eau courante. « Mais ce modèle a été pensé comme si les réserves en eau étaient inépuisables, déplore Khaled Al Mezayen, Président fondateur d’InovAya. Aujourd’hui, nous prenons conscience des limites de nos ressources. C’est le point de départ d’une 3è révolution urbaine ! »  

Une 3è révolution urbaine pour la prise de conscience environnementale

Depuis la nuit des temps, l’eau a été stratégique pour l’essor des villes. Au Néolithique déjà, on parle d’une première révolution urbaine, qui coïncide avec l’invention de l’écriture et de l’irrigation.

Puis à l’Antiquité, les Grecs stockent l’eau dans des puits, la distribuent aux habitants par l’intermédiaire d’un réseau et utilisent des bassins aérés pour la purifier. Les Romains, quant à eux, ont construit des barrages et bâti des aqueducs pour la transporter. Il faut ensuite attendre le 19è siècle, pour connaître une 2è révolution urbaine enclenchée par la révolution industrielle, peu après la construction du premier réseau d’alimentation en eau potable dans une ville. Aujourd’hui, à l’heure du réchauffement climatique, nous vivons une 3è révolution urbaine, qui nous conduit à ne plus puiser dans les ressources de manière inconsidérée.

Rapprocher le traitement de l’eau de son utilisation dans les quartiers

« Pour que les villes continuent à exister, affirme Khaled Al Mezayen, il devient urgent de préserver les ressources. Et la meilleure façon d’y parvenir est de les gérer localement. » Son entreprise, InovAya, s’est ainsi donnée la mission de proposer des technologies pour rapprocher le traitement de l’eau de son usage. « On ne peut plus se limiter à un réseau d’eau centralisé, tel qu’il est en France, poursuit-il. D’abord parce qu’il est vieillissant et qu’il fuit, beaucoup : un tiers de l’eau traitée est perdue. Une eau traitée est une eau qui a une certaine empreinte carbone, donc sa perte n’est pas neutre à l’heure de la décarbonation ! Ensuite parce que lorsque 100 litres d’eau potable arrivent chez nous, seuls 8 litres sont utilisés pour s’alimenter et boire. C’est une aberration de produire du tout potable ! » Il conviendrait plutôt de mettre en place plusieurs réseaux d’eau : potable pour la cuisine et la boisson, d’eau propre pour les douches et l’électro-ménager (en utilisant l’eau de pluie par exemple), l’eau d’usage pour la chasse d’eau et l’arrosage, à l’échelle locale. On pourrait ainsi créer des boucles de réutilisation avec des traitements simples et adéquats. Cela entraîne bien évidemment des changements d’habitudes, mais également une réduction significative des prélèvements dans les ressources d’eau.

Intégrer les citoyens dans une gouvernance participative

De cette manière les citoyens prennent conscience de leur consommation en eau et de sa valeur. L’objectif de Khaled Al Mezayen est de remettre l’innovation au service de l’humain, avec un nouveau modèle économique qui permette de rendre les systèmes davantage durables. Un consommateur qui sait est un consommateur qui agit. « Pour aider les citoyens à passer du statut de consommateurs à celui de consomm’acteurs, souligne-t-il, les autorités publiques ne doivent plus les considérer comme de simples administrés, à qui elles imposent des règles et des lois, mais à les intégrer directement dans les réflexions pour construire la ville de demain et ses réseaux. »

Des investissements dans les communs

Dans cette perspective, il faut de la transparence et de la pédagogie. « Nous avons tous constaté la puissance d’applications mobiles comme Yuka, qui informe les consommateurs sur l’impact des produits sur la santé et l’environnement, pour faire évoluer les comportements et entraîner une réaction des industriels et les inciter à modifier la composition de leurs produits, observe Khaled Al Mezayen. Lorsqu’il est informé, le citoyen a le sentiment d’avoir un rôle à jouer. » Il comprend et s’implique. Il peut même décider d’investir dans les infrastructures de sa ville – dans des communs -, ce qui permettrait une meilleure répartition des obligations de chacun, tout en réduisant le paiement de certaines taxes, dont on ne connaît pas l’utilisation précise. « D’administré, le citoyen devient co-propriétaire d’infrastructures locales, qui prennent en compte les limites de nos ressources, conclut Khaled Al Mezayen. Je perçois ainsi la 3è révolution urbaine que nous sommes en train de vivre. »

 

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