Comme Marc Daumas, Président de l’Advisory Board de la SBA, l’avait annoncé en fin d’année dernière, la SBA a entrepris en 2020 de se rapprocher des territoires avec l’objectif de produire un référentiel de connectivité R2S-Aménagement. Stéphane Lelux, Ambassadeur de la SBA et Président de la Commission Internationale du Comité Stratégique de Filière (CSF) Infrastructures du Numérique français, y contribue activement en facilitant la mise en place d’un partenariat avec la FNCCR[1].

La SBA et la FNCCR devaient logiquement se rapprocher, car en matière de connectivité, les bâtiments et les territoires partagent une même volonté : celle d’utiliser des protocoles ouverts. « Comme le Smart Building va intégrer des systèmes interopérables pour être performant, affirme Marc Daumas, le smart territoire va favoriser les infrastructures ouvertes, pour apporter les meilleurs services aux citoyens. » Pour ce faire, des réseaux de télécommunication fibre optique – parmi lesquels plus particulièrement les Réseaux d’Initiative Publique (RIP) – sont en cours de déploiement sur l’ensemble du territoire, dans le cadre du plan France Très Haut Débit. Les régions, départements, intercommunalités ou communes doivent dans ce cadre s’assurer que ces réseaux constituent bien le socle d’une infrastructure smart territoire la plus interopérable et la plus ouverte possible. Même devoir de vigilance demain lorsque les collectivités développeront des nouvelles technologies radio pour supporter l’essor massif des objets connectés, en particulier la 5G.

Mutualiser les capteurs et les objets connectés

Cette dynamique des réseaux anime les acteurs du territoire depuis que les capteurs et les objets connectés se multiplient sur l’espace public. « Les collectivités territoriales ont donc amorcé une réflexion sur les enjeux de mutualisation des capteurs et des objets connectés, rapporte Stéphane Lelux. Plutôt que de laisser des capteurs être installés partout sans coordination et avec une vocation unique, il convient en effet d’adopter une stratégie pour attribuer à chacun des usages transversaux et organiser la connectivité. »

Œuvrer pour la sécurité et la protection des données

La sécurité et la protection des données sont des problématiques qui préoccupent – à juste titre – les collectivités territoriales. « Non seulement les territoires s’appliquent à ne pas empiéter sur la vie privée des citoyens, souligne Stéphane Lelux, mais en plus, ils cherchent à faire en sorte d’avoir une vision globale sur leurs données et trouver ensemble des solutions pour ne pas se faire pirater. » Le risque est en effet bien réel si l’on en croit les chiffres. Les États-Unis, par exemple, constataient, au début des années 2000, quelques cyberattaques des systèmes de l’espace urbain par an seulement. Dès 2008, on en comptait plusieurs dizaines ; en 2010, plusieurs centaines. Aujourd’hui, les États-Unis ne publient plus les chiffres des cyberattaques car elles sont devenues quotidiennes. La ville de San Francisco a ainsi été victime d’une attaque géante sur son réseau de transport public en 2016. Imaginez ce que serait demain, en cas de crise, la non-disponibilité des réseaux de communication pour les agents de la collectivité, dans l’exercice de fonctions vitales comme la sécurité ou la santé.

Renforcer les relations avec les opérateurs de réseaux

Pour toutes ces raisons, les acteurs territoriaux ont tout intérêt à renforcer leurs relations avec les opérateurs de réseaux. « C’est précisément ce qui a conduit au rapprochement de la SBA avec notre association des collectivités territoriales FNCCR, qui fédère les services publics locaux en réseaux (eau, énergie, chauffage, déchets, éclairage…), indique Jean-Luc Sallaberry, Chef du département numérique de la FNCCR. Depuis peu, nous avons ajouté à nos compétences celle du smart territoire, sur les sujets de numérisation des réseaux publics. » Dans cette perspective, la mise en place de groupes de travail communs avec la SBA, qui œuvrait déjà sur ces sujets, a pris tout son sens. Elle a permis aux collectivités qui adhèrent à la FNCCR de rencontrer les membres de la SBA pour partager avec eux leurs réflexions. Un territoire, ce sont en effet de nombreux services publics opérés par des acteurs en charge de multiples réseaux qu’il faut faire avancer à l’unisson. Leur collaboration et leur bonne coordination est un facteur clé de succès à la mise en œuvre concrète des dynamiques de smart territoires.

Concrétiser un partenariat stratégique entre la SBA et la FNCCR

La FNCCR et la SBA ont donc décidé de nouer un partenariat inédit, officialisé à l’occasion du Salon des maires et des collectivités locales en novembre dernier, pour travailler plus efficacement ensemble et faire cause commune autour de la Smart City. « La question concerne notamment l’élaboration de standards et de normes pour les systèmes de gestion des données urbaines, précise Marc Daumas. Allons-nous choisir de construire un système type plateforme de données comme Google à Toronto – qui induit des risques d’atteinte à la vie privée – ou un système vertical de capteurs intégrés, à l’instar des Smart Cities en Chine ou en Corée – avec le risque d’interférer sur les libertés individuelles ? » C’est tout l’enjeu du groupe de travail mobilisant la FNCCR et la SBA dont les réflexions visent la construction d’un modèle plus durable.

Co construire un nouveau modèle de développement

Vraisemblablement, en matière de système de gestion des données urbaines, l’Europe choisira un standard intermédiaire, ouvert et interopérable. Dans cette perspective, le groupe de travail commun à la SBA et la FNCCR prévoit de créer ensemble un écosystème équilibré entre privé et public, pour co construire un modèle de développement compatible avec les attentes et les contraintes des villes. « La première commission concerne l’éclairage public intelligent, qui peut représenter un vecteur d’économie important pour les territoires, conclut Jean-Luc Sallaberry. Notre objectif est d’abord de réaliser des documents communs (livre blanc et guide de bonnes pratiques), puis de mettre en place des projets pilotes innovants, voire de lancer de nouveaux référentiels R2S pour les territoires. »

 

[1] Fédération nationale des collectivités concédantes et régies

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