Par essence, le Smart Building produit des données exploitables pour tenir ses promesses : plus de services, plus de confort, plus de productivité, plus de sécurité, plus d’économies, plus de facilité au quotidien pour les occupants et les exploitants… Reste que les grands volumes de données hétérogènes qui circulent et la multiplicité des systèmes risquent d’être source de cacophonie dans le Smart Building, si personne n’y remet de l’ordre. C’est précisément l’ambition de la SBA, qui vient de lancer une nouvelle commission pour aider les maîtres d’ouvrage à s’y retrouver. Blaise Sola, Directeur de projet Smart et Digital chez Artelia, détaille les enjeux et les objectifs de cette commission Building Information System dont il est le président.

Les installations techniques des bâtiments sont traditionnellement conçues par lots : électricité, plomberie, ou encore chauffage, chacun étant doté d’un réseau de communication distinct, propriétaire et souvent fermé, qui transporte ses propres données et utilise des protocoles spécifiques.

Avec une conséquence directe : ce « silotage » empêche l’accès à des données facilement exploitables par des applications au service des propriétaires, des occupants et des exploitants. Il freine le déploiement à grande échelle de nouvelles fonctionnalités, qui amélioreraient le niveau des services numériques aux différentes parties prenantes, comme la gestion d’un parc immobilier, les ventilation et climatisation personnalisées, le pilotage des ouvrants, la sécurisation des accès, la vidéo-surveillance, la gestion des espaces de travail, la sécurité incendie…

 

Après le cadre R2S, un lien entre les lots applicatifs

« Avec tous ces protocoles, le Smart Building est devenu une véritable Tour de Babel, où chaque système utilise un langage différent, constate Blaise Sola. La première étape pour la SBA a été de poser un cadre, grâce au référentiel R2S. Maintenant nous voulons aller plus loin dans la précision. Notre objectif est de créer un lien entre ces lots d’applications pour qu’ils fonctionnent ensemble dans le contexte d’un système d’information du bâtiment (ou Building Information System), composé d’une couche d’équipements, d’une plateforme logicielle centrale ou Building Operating System (BOS) et de la couche des applications servicielles. Voici ce que notre Commission Building Information System ambitionne de réaliser. »

Pour bien comprendre la problématique, prenons l’exemple du confort perçu par les occupants. Le confort ne résulte pas d’actions sur un seul paramètre mais sur une combinaison de paramètres, luminosité, qualité de l’air intérieur, température… et son atteinte nécessite des interventions et le suivi d’informations hétérogènes, lux, taux de polluants, degrés Celsius… « Pour combiner ces données et qu’elles deviennent utiles aux usages du bâtiment, il conviendra d’abord de les décrire, les nommer, les dater et les localiser, avance Blaise Sola, avant de pouvoir les collecter, les agréger et permettre leur traitement. » C’est précisément le rôle du BOS qui va ainsi relier entre eux les lots métiers, jusqu’alors silotés, et les applications servicielles.

 

Le BOS : un thème qui anime la filière

Mais pour la filière, cette brique logicielle représentée par le BOS, ce nouveau patron aux manettes du Smart Building, et son positionnement au sein du système d’information du bâtiment, sont sources de confusion.

Tout particulièrement, les maîtres d’ouvrage souhaitent comprendre :

  • Quelles sont les valeurs ajoutées d’un système d’information et d’un système d’exploitation du bâtiment pour leurs clients ?
  • Quelles solutions choisir pour transformer leurs bâtiments en Smart Buildings ?
  • Comment s’y prendre et sur quels acteurs peuvent-ils s’appuyer pour apporter des services numériques leurs occupants ?

Ces problématiques intéressent à tel point la filière que « pas moins de120 membres de la SBA ont souhaité rejoindre la Commission Building Information System pour apporter leur pierre à l’édifice, s’enthousiasme Blaise Sola. Nous nous sommes donc répartis les tâches en organisant trois groupes de travail, qui chacun devra répondre à l’une des questions posées par les maîtres d’ouvrage. »    

 

Partager, fédérer, simplifier, standardiser, harmoniser

L’objectif sera ensuite de faire converger les conclusions des trois groupes de travail, pour partager une vision cohérente entre les acteurs du bâtiment. « En totale concertation avec la Commission R2S (qui a mis en place le cadre R2S), la Commission BIM (qui a posé les fondements du référentiel BIM4VALUE) et la Commission Intelligence Artificielle appliquée au bâtiment, nous avons comme perspectives de spécifier et d’organiser les briques technologiques entre elles et de créer une ontologie commune du système d’information du bâtiment, confie Blaise Sola. Bref : une grammaire et un vocabulaire communs, pour simplifier le système d’information du bâtiment et déployer un langage universel dans le Smart Building. Nous n’avons pas vocation à tout standardiser, mais nous voulons aider les maîtres d’ouvrage à accéder à tous les services possibles dans le bâtiment. »

La Commission Building Information System prévoit maintenant de rédiger un livre blanc Théma qu’elle diffusera à toute la filière, pour donner à ses acteurs les clés de compréhension et les bénéfices apportés par un système d’information du bâtiment, et ainsi accompagner les maîtres d’ouvrages dans la mise en œuvre de ce type de solutions dans leurs bâtiments. 

 

Le parcours des données dans le Système d’Information du Bâtiment

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