Grande nouvelle ! Le premier référentiel de connectivité pour l’habitat collectif vient d’être annoncé aux Universités d’été de la SBA : le R2S résidentiel. Cette déclinaison du label R2S permettra d’offrir plus de services aux habitants, tout en apportant la possibilité d’optimiser l’exploitation de l’immeuble. Décryptage par Alain Kergoat, Cofondateur du cabinet conseil Urban Practices et Directeur des programmes de la SBA.

 

Pourquoi un référentiel spécifique aux immeubles d’habitation ? La version classique du label R2S ne pouvait-elle pas être utilisée pour tous les types de bâtiments ?

Alain Kergoat – Pas si évident. Un simple copié-collé du label R2S Ready to Services ne convenait pas. Ce label a été conçu en collaboration avec le certificateur Certivéa, dédié aux bâtiments d’activités hors habitat. On s’est rapidement rendu compte que le référentiel R2S ne pouvait pas s’appliquer aux immeubles d’habitation. Mais impossible de les laisser de côté : le résidentiel représente les deux tiers des bâtiments en France !

En plus, le logement connecté intéresse de plus en plus les constructeurs. Certains incluent déjà systématiquement des appareillages Smart Home aux appartements des résidences qu’ils commercialisent. La mise en place d’un cadre pour les immeubles d’habitation connectés devenait donc incontournable.

J’ajoute que, pour les promoteurs et les bailleurs de logements sociaux auxquels nous nous adressons, le référentiel R2S d’origine est complexe et technique. Nous avons donc réuni un groupe d’experts, dont certains avaient contribué à la conception du R2S, des opérationnels du logement et le certificateur des bâtiments d’habitation Bureau Veritas, pour simplifier et réécrire les exigences du R2S afin de les rendre plus intelligibles. Nous avons travaillé tant sur le fond que sur la forme, pour rendre le référentiel beaucoup plus accessible et attractif.

 

En quoi le référentiel R2S résidentiel se différentie-t-il du R2S ?

Alain Kergoat – R2S résidentiel est le premier référentiel qui impose l’existence d’un réseau de connectivité dans les immeubles d’habitation, installé et activé avant même l’entrée de l’occupant dans son logement. Rien de tel n’existe dans le monde et c’est pourquoi notre label est si innovant. Fondamentalement, R2S résidentiel reprend les grands principes de la version tertiaire du R2S. Nous retrouvons ainsi l’indépendance des trois couches (équipements du bâtiment | infrastructure du réseau | services applicatifs), afin de pouvoir changer individuellement un des composants sans avoir besoin de tout modifier. Le principe d’interopérabilité des systèmes, c’est-à-dire la possibilité de dialogue entre systèmes via des interfaces d’application ouvertes API, est également conservé, ainsi que le principe d’un réseau du bâtiment basé sur le standard IP (Internet Protocol) fédérateur et celui de la cybersécurité, pour la protection des données et la sécurité des accès. Voici pour les ressemblances.

Côté différences, le référentiel R2S résidentiel présente un niveau d’exigences techniques inférieur au R2S. De 50 exigences pour le R2S, nous nous sommes limités à 30. Un exemple ? Afin de connecter un logement, une box suffit, alors qu’un répartiteur d’étage est nécessaire dans un bâtiment tertiaire.

Pour adapter le référentiel au résidentiel, nous nous sommes par ailleurs appliqués à travailler sur une approche servicielle du logement numérique. Dans cette perspective, nous avons mis en place une cartographie de sept familles de services : énergie, confort et bien-être, sécurité, qualité d’usages numériques, e-santé et maintien à domicile, services partagés, services généraux. Sept champs d’action, c’est beaucoup plus que pour les bâtiments tertiaires, le R2S se limitant à la famille de services énergétiques.

Enfin, les promoteurs et les bailleurs disposeront d’un outil d’autoévaluation, sur la base d’une classification de la qualité attendue sur le numérique, avec un barème de points en fonction du nombre de services apportés.

 

Quels seront les bénéfices du R2S résidentiel pour les professionnels et occupants ?


Alain Kergoat – Notre référentiel fournit un outil simple aux professionnels, pour qu’ils soient en capacité d’organiser et standardiser tout le volet “connectivité” de leurs bâtiments, qu’ils soient en construction ou en rénovation. Aujourd’hui, ils n’ont pas les cadres nécessaires.

De surcroît, le R2S résidentiel garantit au maître d’ouvrage et au propriétaire (ou locataire), qu’ils gardent la main sur la sécurité, la fiabilité et la protection de leurs données. Ils ne doivent pas appréhender ce nouveau label comme une contrainte mais bien comme une opportunité, qui leur offre la possibilité de développer progressivement et facilement de nouveaux services dans leur bâtiment. C’est aujourd’hui le seul référentiel au monde qui le permette !

Nous entrons aujourd’hui dans la phase opérationnelle et un appel à pilote a été lancé aux Universités d’été de la SBA, pour tester ce référentiel inédit. À partir des résultats de cette expérimentation sur la fin de l’année 2019, nous pourrons valider le label R2S résidentiel et le lancer à grande échelle dès le début de l’année 2020 !

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