Depuis quelques années déjà, des voix s’élèvent face à l’extension de l’urbanisation, alors que les experts estimaient qu’en 2050, les villes allaient abriter plus de six milliards d’habitants, soit 70 % de la population mondiale. Mais la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 a précipité les mutations dans notre rapport vis-à-vis de la ville. Aujourd’hui, de nouvelles tendances se dessinent avec la végétalisation des espaces urbains, l’essor de l’agriculture en ville et des circuits courts, et l’exode des citadins vers les petites villes et les campagnes. Et si ces changements masquaient la partie immergée de l’iceberg et la nécessité de changements plus profonds de modèles et de modes de vie ?

Le début du 20ème siècle avait été marqué par une révolution urbaine. En une décennie, la ville de New-York est passée de l’usage de la calèche à celle de la voiture thermique. « Au 21ème siècle, nous sommes à l’aube d’une nouvelle transformation de la ville, encore plus profonde, affirme Emmanuel François, Président de la SBA, parce qu’elle concerne toutes nos activités. Des changements radicaux dans les agglomérations sont donc nécessaires, sur les bâtiments, les quartiers, ou encore les infrastructures de mobilité, d’eau, d’énergie… »

Le numérique pour contribuer au nouveau modèle

Pour Emmanuel François, cette transformation à 180° qui s’impose passera par une utilisation raisonnée du numérique. « Il convient en effet d’informer les citoyens pour qu’ils s’impliquent dans un nouveau modèle, poursuit-il, et de faciliter l’émergence de lieux et de services communs, pour optimiser les usages. » Pourquoi ne pas mettre en commun un rez-de-chaussée d’un immeuble de bureaux par exemple, pour partager l’accueil, les salles de réunion, un espace de restauration ou de sport ? Ou celui d’un bâtiment mixte, pour donner accès aux occupants à un espace de coworking, une chambre d’amis ou une buanderie ? Dans les deux cas, Le numérique permet de gérer les réservations notamment.

Des services et des activités à proximité des usagers

Dans le même esprit, la refonte de la ville de demain permettra de rapprocher les services des usagers, pour faciliter le quotidien, créer des liens entre citoyens et optimiser le bilan carbone des territoires. « En milieu urbain, les habitants devront trouver l’essentiel pour satisfaire chacun de leurs besoins – santé, culture, commerce, éducation, mobilité… – dans un rayon de 4 kilomètres autour d’eux, avec des relais physiques ou numériques (télémédecine, coworking, e-culture, campus connecté…) de proximité dans un rayon de 400 mètres, décrit Emmanuel François. Dans les territoires ruraux, les distances passent à 40 km et 4 km entre les usagers et les activités. »

Une occupation des lieux à maximiser

Au-delà des espaces urbains, les bâtiments évoluent également, plus smart et multi-usages, pour optimiser leur occupation. « Aujourd’hui, un établissement scolaire est utilisé 8 heures seulement par jour et durant 8 mois de l’année seulement, regrette Emmanuel François. Il faut que cela change ! On peut donc imaginer qu’une salle de classe servent à l’enseignement le jour, à la formation continue en soirée et à des associations le week-end. Même chose pour les commerces, les bureaux, les centres de soins… Créons des espaces reconfigurables en fonction des usages ! »

Des infrastructures à relocaliser et réinventer

Dans ces villes et territoires du 21ème siècle, les réseaux d’eau, d’énergies et de traitement des déchets doivent aussi être réinventés pour préserver les ressources. « Prenons l’exemple de l’eau potable, propose Emmanuel François. Le réseau, construit au début du 20ème siècle, pour moderniser les villes avec l’eau courante, le tout à l’égout et les usines centralisées de traitement. Ce n’est plus durable aujourd’hui, car le réseau est vieillissant, il fuit et laisse s’échapper 20 à 40 % de l’eau traitée. » Il convient donc de rapprocher le traitement de l’eau et son usage à l’échelle des quartiers par exemple, et créer des microgrids locaux.

Même constat pour l’énergie, avec une autre composante : l’essor de la production d’électricité locale et de la mobilité électrique. Or, les centrales photovoltaïques produisent du courant continu et les véhicules électriques l’utilisent. Pourquoi transformer le courant continu en courant alternatif entre production et usage. Imaginons plutôt un réseau hybride centralisé et local, courants alternatif et continu. C’est le défi de l’énergie de demain !

Une gouvernance partagée et décentralisée

Étant donné l’importance du numérique dans la ville de demain, la question de la gouvernance de la donnée est centrale, afin de déterminer les responsabilités entre la production, la diffusion et l’utilisation des data. Idéalement, il conviendrait que cette gouvernance soit partagée entre les pouvoirs publics, le privé et les particuliers, dans une approche locale du numérique. « Pourquoi ne pas imaginer en centre-ville un mini-data center au service de la collectivité ? interroge Emmanuel François. En construisant un ″cerveau urbain″ offreur de services pour les habitants de la ville, on y gagnerait en sécurité et protection de la donnée, et donc en confiance. » Mieux : la gestion locale des données pourrait être assurée par un tiers de confiance, garant de la sécurité et de la confidentialité des informations : un digital community manager ! Il est en effet important que la donnée et sa gouvernance soient incarnées physiquement. Le mini data center représente donc un nouvel édifice dans la ville, avec un nouvel acteur, personne de confiance, pour s’en occuper.

Donnons la parole aux bâtisseurs de demain !

La 3e révolution urbaine représente ainsi une transformation profonde. Et nombreux sont les acteurs des bâtiments, de la ville, des infrastructures et des territoires à s’engager sur cette voie. « La SBA a donc décidé de leur laisser la parole pour qu’il donne leur vision de cette refonte de la société de demain, conclut Emmanuel François. Promoteur, foncière, expert du numérique, start-up, architecte, maire… Tous ont accepté avec enthousiasme de livrer leur point de vue et de décrire leurs actions. Des témoignages que vous retrouverez au fil des prochaines semaines sur notre Blog. Ne les ratez pas ! »

[ Replay vidéo ]

Fin du dogme de l’écrit, sédentarisation des populations, mutations des usages, importance de l’infrastructure numérique… en route vers la 3ème révolution urbaine ! Revivez en vidéo l’allocution d’Emmanuel François, Président de la SBA en ouverture du Smart Buildings & Territories Summit qui s’est tenu les 31/08 et 01/09 au Carré des docks de la Ville du Havre.
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