LA RÉNOVATION NUMÉRIQUE – EPISODE 6

L’entreprise sociale pour l’habitat ″Immobilière 3F″ s’est engagée dans une démarche continue de rénovation énergétique. Elle améliore chaque année quelque 4 000 logements sociaux en Île-de-France, dans l’objectif d’apporter la meilleure qualité de service possible à ses locataires et d’améliorer l’empreinte carbone de son parc. Dans cette dynamique, le plan France Relance constituera, de l’avis de Frédéric Mira, Directeur Groupe Rénovation Durable et Innovation, un précieux soutien et une véritable opportunité pour accélérer cette démarche.

 

Quel est l’état du parc existant en France ? 

Frédéric Mira – En France, seuls 6,6 % des habitats sont sobres en énergie, c’est-à-dire qu’ils sont classés A ou B du diagnostic de performance énergétique, selon le service des données et études statistiques (SDES) du gouvernement. À l’inverse, près d’un logement sur cinq est considéré comme une passoire thermique (17 % d’étiquettes F et G du DPE sur le territoire). Les chiffres sont très différents au sein du parc d’Immobilière 3F. Nous avons récemment recensé l’état de nos bâtiments. Avec un parc de 140 000 logements familiaux en Île-de-France, l’enjeu est considérable. Nous avons compté 3 % d’étiquettes F et G environ. Ce chiffre, relativement faible par rapport à la moyenne nationale, est le résultat d’une démarche permanente, engagée pour la rénovation de 4 000 à 5 000 logements par an en Île-de-France. La rénovation thermique est une action indispensable pour apporter plus de confort à nos locataires et leur faire faire des économies, mais elle est plus complexe qu’il n’y paraît. D’abord parce qu’elle est prévue pour durer 25 à 30 ans. Il ne s’agit donc pas seulement d’ajouter un isolant en façade. Il convient en parallèle de changer les boiseries, d’assurer l’étanchéité des toitures, d’isoler les planchers hauts de caves, sans oublier d’améliorer la ventilation, pour que les appartements isolés et étanches ne se transforment pas en ″cocotte-minute″. Généralement, un chantier de rénovation coûte en moyenne 35 000 euros par logement et dure 12 à 18 mois. Nous allons aussi lancer un programme d’innovation inspiré de la solution Energiesprong, qui permet de rénover le parc locatif social plus rapidement, notamment par la préfabrication des façades. Mais, même là, l’investissement reste conséquent. C’est pour cela que l’on a besoin de dispositifs d’aide pour accélérer le mouvement.

Le plan France Relance peut-il justement vous aider à booster vos rénovations ? 

Frédéric Mira – En effet, nous appelions ce dispositif France Relance de tous nos vœux depuis des années et nous sommes aujourd’hui enthousiastes à l’heure où il a été lancé. En 2016, nous avions déjà bénéficié des prêts de haut de bilan bonifiés (PHBB) de la Caisse des Dépôts-Action Logement, mis en place pour accélérer l’investissement des bailleurs sociaux dans les rénovations énergétiques. Durant cette période, nous avons amélioré 23 000 logements, multipliant ainsi par 3 nos programmes de rénovation. De la même manière, le plan France Relance va nous permettre d’engager de nouveaux travaux. En Île-de-France, nous avons décompté 3 000 logements classés F et 800 classés G. Le ministère de la Transition écologique nous demande de lancer les rénovations d’étiquette G d’ici 2023 et d’étiquette F d’ici 2027. Et c’est ce que nous ferons, ce qui représente pour nous une montée importante en charge d’activité, avec 4 000 nouvelles rénovations annuelles sur tout le territoire, en plus des 4 000 que nous réalisons habituellement.

Quelle est la place du numérique dans les logements existants pour Immobilière 3F ? 

Frédéric Mira – Le numérique fait partie de nos vies, de notre quotidien, de notre environnement. Il est devenu indispensable. En Île-de-France, 100 % des 140 000 logements d’Immobilière 3F sont aujourd’hui reliés à une plateforme numérique de services, dans un objectif de maintenance et d’entretien des équipements. De même, en matière de services numériques à nos locataires, notre implication est réelle et grandissante. Selon chaque situation, nous évaluons l’utilité du digital, sa valeur ajoutée pour les besoins du gestionnaire de l’immeuble et des locataires, et nous mettons en balance son coût. Évidemment, si un immeuble abrite de nombreuses personnes âgées, nous allons prévoir des services appropriés, pour faciliter le maintien à domicile et garantir la sécurité des habitants. Nous sommes particulièrement attentifs à ce que les technologies utilisées soient évolutives et adaptables car le numérique, même s’il est un puissant facilitateur, engage profondément les bailleurs sociaux, en termes de formation des équipes et d’accompagnement des locataires. Ces technologies doivent aussi répondre aux besoins futurs d’interopérabilité et de qualité du réseau pour le télétravail, par exemple. Nous projetons de développer des services digitaux dans le cadre de chacun de nos prochains programmes neufs. Nous devons faire très attention à effectuer les bons choix pour dépenser intelligemment les aides publiques. Dans cette perspective, je crois beaucoup à l’intelligence collective. Le numérique dans le logement social est encore émergeant. Voici pourquoi au sein de 3F, nous travaillons avec des partenaires et nous comptons sur des entités comme la SBA pour nous accompagner sur l’aménagement numérique des bâtiments.

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