LA RÉNOVATION NUMÉRIQUE – EPISODE 4

En juillet 2017, le plan climat introduisait l’objectif ambitieux de neutralité carbone pour la France à l’horizon 2050. Pour Benjamin Ficquet, Vice-Président Délégué Smart Building à la SBA et Directeur Property & Exploitation responsable chez Icade, le plan France Relance, en insistant sur la nécessaire rénovation énergétique des bâtiments, représente aujourd’hui une étape importante pour atteindre cet objectif zéro carbone.

 

« La question de la rénovation thermique n’a pas d’exception : tertiaire, établissements de santé, résidentiel… Tous les bâtiments sont concernés, affirme Benjamin Ficquet. Il y a notamment urgence à rénover dans l’habitat, ce que le plan France Relance a parfaitement intégré, en annonçant début octobre 2020 des nouvelles modalités pour que l’aide à la rénovation énergétique des logements MaPrimeRénov’ soit plus simple, plus efficace et accessible à tous les propriétaires et à toutes les copropriétés. »

 

Prendre sa part de responsabilité dans la réduction de l’empreinte écologique 

Le secteur du bâtiment est en effet un fort contributeur aux émissions de gaz à effet de serre, dont il faut diminuer l’empreinte écologique. « Les acteurs du bâtiment doivent prendre leurs responsabilités », souligne Benjamin Ficquet. Icade s’est ainsi engagée dans la réduction de son bilan carbone d’au moins 45 % entre 2015 et 2025, en saisissant toutes les opportunités d’économie d’énergie et en agissant sur trois leviers : la qualité intrinsèque du bâti, la sensibilisation des occupants et le pilotage de l’énergie.

Renforcer la qualité intrinsèque du bâti 

Il faut bien comprendre que la notion d’énergie intrinsèque (appelée aussi énergie grise) consommée par un bâtiment, c’est-à-dire la quantité d’énergie utilisée lors de la construction et la déconstruction, est plus importante que son énergie consommée pour les usages de ses occupants : 60 % consommés par le bâti des immeubles résidentiels et 80 % dans le tertiaire. « On comprend donc bien l’importance de réutiliser l’existant et de renforcer la qualité intrinsèque des bâtiments, avec des isolants notamment, surtout pour les passoires thermiques, observe Benjamin Ficquet. C’est le premier levier sur notre empreinte environnementale et c’est aussi la voie encouragée par le plan France Relance avec son soutien à la rénovation thermique. Pour être totalement efficace, il conviendrait de structurer une nouvelle filière pour répondre à ce besoin de rénovation lourde. Le label RGE[1] des artisans pour obtenir les aides de l’État (CEE, Eco-PTZ, PrimeRénov’…) pour des opérations de rénovation énergétique, constituait une première étape, mais il faudrait sans doute aller encore plus loin. »

Faire de l’usager du bâtiment un consom’acteur 

Second levier activé par Icade pour réduire l’empreinte carbone des bâtiments : la sensibilisation de l’occupant. S’il chauffe son appartement ou son bureau à 22 °C plutôt qu’à 20 °C, même la meilleure des isolations du bâtiment n’empêchera pas la surconsommation d’énergie. Or, chauffer avec deux degrés de plus représente 6 % en plus sur la facture ! « Il faut que les usagers retrouvent une saisonnalité dans les bâtiments, insiste Benjamin Ficquet. L’été, on met un tee-shirt et on mange des cerises. L’hiver, on met un pull et on mange des pommes. » Cette prise de conscience des occupants passe par la mesure des consommations d’énergie, d’où la nécessité de poser des compteurs, comme le préconise le plan France Relance. Pour aller plus loin dans la sensibilisation des usagers, l’organisation d’un club d’habitants est une solution jugée performante par Benjamin Ficquet.

Opter pour l’éco-conduite du bâtiment 

Le troisième volet favorisant les économies d’énergie concerne le pilotage numérique. « Nous sommes tous conscients que la pratique de l’éco-conduite des véhicules permet de faire des économies de carburant conséquentes, lance-t-il. Alors pourquoi pas dans les bâtiments ? » Le numérique s’invite en effet dans la rénovation énergétique, pour prendre les meilleures décisions vis-à-vis des consommations d’énergie. L’exploitation du numérique est bien présente dans le plan France Relance, mais sans doute n’est-elle pas assez visible, avec l’installation de tableaux de bord, la gestion du chauffage pilotée par des applications ou la maintenance à distance ? « Il est temps aujourd’hui de passer du bâtiment intelligent au bâtiment conscient de son rôle sur son empreinte carbone, et solidaire, pour qu’il n’y ait plus de précarité énergétique, conclut Benjamin Ficquet. C’est en tout cas notre conviction à la SBA ! »

[1] Reconnu Garant de l’Environnement

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