LA RÉNOVATION NUMÉRIQUE – EPISODE 5

Pour les immeubles en copropriété, le plan France Relance représente une véritable opportunité, parce qu’il soutient plus que jamais la rénovation énergétique des bâtiments, synonyme de baisse de charges, d’apport de confort et de valorisation de l’habitat. Pourtant, finalement, les copropriétaires prennent rarement la décision d’engager des travaux pour économiser l’énergie, comme l’a constaté le syndic de copropriété Nexity.

 

Avant le plan France Relance, la rénovation énergétique était-elle d’actualité dans les copropriétés ? 

Eric Barbarit, Directeur Métiers copropriétés et gestion locative Nexity – Elle aurait dû l’être en tout cas. Le périmètre est vaste avec 450 000 ensembles immobiliers en copropriété représentant plus de 10 millions d’appartements, soit un tiers du parc résidentiel. Ce parc est aussi très majoritairement ancien puisque les trois quarts des logements qui le composent ont été construits avant 1980. En tant que syndic de 20 000 immeubles et 700 000 logements en France, nous conseillons évidemment de rénover les immeubles que nous gérons. Mais les décisions ne dépendent pas de nous. Elles sont prises par les propriétaires dont nous sommes mandataires. Or, malgré nos efforts depuis le Grenelle de l’environnement, qui fût – rappelons-le – l’événement fondateur de la politique environnementale française il y a plus de 10 ans, les copropriétaires affichaient un certain scepticisme sur les bénéfices de la rénovation thermique face aux investissements qu’il leur fallait engager. Même les audits énergétiques, beaucoup trop techniques, ne suffisaient pas faire pencher les décisions. Ils ne convainquaient pas.

 

Est-ce que cela signifie qu’à l’heure du plan France Relance, le nombre de copropriétés attendant d’être rénovées est élevé ? 

Lucie Ribeiro, Chef de projet transition énergétique & innovation à la Direction Métiers Nexity – Il l’est, mais nous avons initié depuis 2 ans plus de 250 projets, issus de la mise en place d’une démarche spécifique, dédiée à l’accompagnement des copropriétés dans la transition énergétique des bâtiments. Sa particularité ? Elle ne se concentre pas sur la rénovation thermique, mais elle aborde le bâtiment dans sa globalité (bâti, système de ventilation, équipement de chauffage, menuiserie, ascenseurs…), avec ce qui l’entoure (stationnements, espaces verts…). En fait, nous nous intéressons à tout ce qui entoure les copropriétaires et qui peut être amélioré pour apporter plus de confort et de bien-être. Nous les embarquons dans une histoire, celle qui transforme leur immeuble, de manière très concrète et visible pour les habitants. Dans cette perspective, notre accompagnement vise trois volets. Le premier consiste à gérer le projet, pour qu’il se déroule le plus sereinement possible. Le second touche la communication avec les copropriétaires dans l’immeuble, avec des ateliers participatifs, des webinaires, des informations, pour que le projet soit totalement en phase avec leurs besoins et leurs envies et qu’ils se l’approprient plus aisément. Enfin, le troisième concerne les questions sociales et financières. En clair, nous conseillons les habitants sur les aides mobilisables en fonction de leurs profils. Cette démarche a déjà conquis de nombreuses copropriétés et permet de réaliser 40 à 60 % d’économie d’énergie. Nous avons communiqué nos retours d’expériences au gouvernement, qui nous a écouté. Certaines de nos mesures ont intégré le plan France Relance, comme par exemple le financement de l’assistance à la maîtrise d’ouvrage (AMO) ou l’élargissement du fléchage ″direct″ des aides aux syndicats de copropriétés.   

En quoi le plan France Relance peut-il changer la donne pour les copropriétés ? 

EB – Le plan France relance va permettre de massifier les rénovations thermiques dans les copropriétés, notamment parce que les subventions individuelles sont non seulement accessibles aux propriétaires occupants mais aussi aux propriétaires investisseurs. Il simplifie et amplifie les aides, avec le nouveau MaPrimeRénov’ et le financement des AMO. Mieux : il a créé des aides à la surperformance, en particulier si les travaux permettent d’atteindre le niveau BBC ou quand ils sont effectués dans des passoires thermiques (étiquettes énergétiques F et G).

Aujourd’hui en plus, en matière d’économie d’énergie, nous sommes directement concernés par l’application des mesures de la loi ELAN[1] sur la mise en place progressive et obligatoire d’un système d’individualisation des frais de chauffage et de refroidissement dans les logements collectifs. À partir du 25 octobre 2020 en effet, les résidences consommant entre 80 et 120 Kwh/m² chauffé par an doivent s’équiper d’un système de comptage individuel. En tant que syndic de copropriété, nous sélectionnerons et proposerons des solutions adaptées, de type répartiteur de frais de chauffage ou compteur d’énergie. Un premier pas vers le déploiement du numérique dans les copropriétés ? La transition est en marche.

[1] Loi pour l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique

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